Tennis de table : Loïc Bobillier veut se relancer en Allemagne

Posté par Jérôme le 24 mai 2008 dans ActualitéPas de commentaires

Carrière. Le joueur de Caen, membre de l’Insep, reste sur une médiocre saison. Il a décidé de changer de méthode d’entraînement. Direction l’Allemagne.

« C’est la pire année de ma carrière, alors évidemment, je n’ai pas envie de repartir comme ça. Je n’ai pas joué ou peu à Caen, cela aurait été pareil l’an prochain. Mon départ arrange le club budgétairement, moi il faut que je change de méthode d’entraînement (il jouait à Caen mais s’entraînait à l’Insep) ». Loïc Bobillier va quitter le TTC Caen (il y gardera une licence pour les compétitions individuelles comme les championnats de France). Après une saison blanche en Pro A : 8 matchs, 8 défaites. Et une confiance envolée, celle qui avait fait de lui la révélation française du championnat un an plus tôt, pour sa première saison au club.Mais Bobiller ne progresse plus, il donne même l’impression de régresser. A 23 ans, le jeune homme ne s’imagine évidemment pas sur le déclin, alors il va tenter une thérapie de choc : l’exil. Il veut sortir de son cocon parisien, de la bulle Insep. Destination l’Allemagne et le camp d’entraînement de Düsseldorf. « C’est là que s’entraîne l’équipe d’Allemagne, il y a une grosse relance. Et en terme de progression, c’est en Allemagne qu’on fait ce qu’il y a de mieux en seniors, beaucoup de jeunes européens s’y entraînent. Et moi, j’avais besoin de sortir du cadre ou j’évolue. Quitter Paris est un sacrifice financier, un sacrifice quant à ma qualité de vie, mais c’est maintenant ou jamais ». Entraînement à Düsseldorf et compétition par équipes à 60 km de là : en 2e division allemande à Hagen.

Où est la relève ?

Bobillier veut rattraper le temps perdu, celui qui a vu l’un des plus gros espoirs tricolores, champion de France cadets en 2000, donner l’impression de ne pas avancer, malgré tous les moyens mis à sa disposition. Échec individuel ou faillite d’un système alors que les autres éléments de sa promotion n’ont pas davantage convaincu ? « Ça fait un moment que je suis à l’Insep et quatre ans que je ne progresse plus, analyse le jeune homme lucide, j’ai ma part de responsabilités, il y a aussi un problème de structures ».

Loïc Bobillier, Christophe Bertin, Dany Lo et Grégory Elensky ont été les premiers bénéficiaires du Groupe France promotion (GFP), cadre idyllique mis en place pour laisser éclore les meilleurs joueurs de leur génération. Cadre sans doute restreint à trop peu d’éléments. Pas un joueur de cette première levée n’a convaincu ! « Je suis encore le seul à être dans une logique de haut niveau, explique Loïc Bobillier. Mais j’ai commencé à avoir des résultats très moyens sur le circuit international et c’est là-dessus qu’on est jugé, ça a contribué à me mettre en retrait au niveau fédéral. Le GFP a formé de très bons juniors, il semble former aujourd’hui d’excellents juniors, ça fonctionne à ce niveau mais le but est de former des seniors. Et ça fait 20 ans qu’on n’a pas sorti un joueur en France. On a trois qualifiés au JO, c’est bien, mais quand ils seront en béquilles (Eloi a 38 ans, Chila 39 ans), il faudra avoir trouvé la relève ».

Bobillier a raté le train de l’équipe de France, malgré le confort dans lequel on l’avait placé. Il a décidé de se remettre en cause, de passer à la méthode dure : la rigueur allemande.

David GUEZENNEC.

source : Ouest-France
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