mai 08
POUR ÉLOI ET GRUNDISCH, PÉKIN PASSE PAR BUDAPEST
|
|
|
|
Il est des rendez-vous plus importants que d’autres, de ceux qu’il ne faut pas manquer. Si Nantes était une étape importante sur la route de Pékin, le Tournoi de Budapest est la dernière occasion de disputer les J.O. 2008. A partir de jeudi en Hongrie, 75 garçons et 56 filles vont se disputer un bon paquet de sésames. Sans pouvoir en donner le nombre précis (cela dépendra des équipes à qualifier), les experts dénombrent entre 14 et 15 billets pour ces messieurs et 12 à 14 pour ces dames. Avec tous ces joueurs déjà qualifiés, la tâche parait donc plus aisée qu’à Nantes. Surtout qu’à Budapest, la formule protège les têtes de série. Mais voilà, s’il suffira à Damien Eloi de gagner un match pour obtenir son billet en simple, il faudra terminer parmi les trois premiers pour garantir la qualification de l’équipe de France (voir la formule sportive ci-dessous). “Damien a largement les moyens de se qualifier. Il doit d’abord penser à remporter son premier match pour assurer sa qualification en simple avant d’aller chercher les trois premières places, ce qui qualifierait l’équipe, espère Jean-Claude Decret. Touché au moral après être passé tout près de la qualification à Nantes (Il a terminé à la 12ème place, la première non qualificative), Damien Eloi s’est ressourcé. “Il a coupé une dizaine de jours et ses matches en Pro A se sont plutôt bien passés, remarque Jean-Claude Decret. C’est un garçon qui marche à l’influx et au moral. Il s’entraîne bien et comme il a bien joué toute la saison, il n’a pas à se mettre la pression.” Mais le Normand en a surtout très envie d’en finir avec cette qualif qui le mobilise depuis plusieurs mois. “Franchement, j’en ai marre, ça commence vraiment à faire long. J’ai joué un maximum d’open en 2007 pour échouer à la qualification directe. Puis à Nantes, pour la deuxième fois de ma carrière, je termine à la première place non-qualificative. Enfin on pensait que 16 joueurs seraient qualifiés directement et finalement ce ne serait que 15…, regrette Eloi. Je me dis qu’il faudra gagner un match sur quatre pour me qualifier. Maintenant si par bonheur je gagne le premier, j’irai chercher les trois premières places.” Des places surtout convoitées par le Taiwanais Chiang Peng-lung et par les Russes qui sont en bagarre avec les Bleus pour jouer par équipes en août à Pékin. Carole Grundisch : “à Nantes je me suis mis trop de pression” On l’avait laissé les yeux mouillés et la cheville bandée. A Nantes, la triple championne de France se voyait décrocher dès Nantes son billet pour l’Olympe. Mais la compétition a mal tourné avec des fins de sets mal négociés puis une blessure pour clôturer ce séjour sur les bords de la Loire. N°100 mondiale au dernier classement communiqué par la fédération Internationale (1er mai), la France-Comtoise sait que la qualification n’est pas acquise et qu’elle ne constitue pas une fin, juste une étape, un “mon rêve à moi, un rêve de gamine“, dit-elle. “A Nantes, j’ai beaucoup appris. Je l’ai abordée comme si c’était la dernière compétition de ma vie. J’ai très mal dormi à Nantes. Je me suis mis trop de pression. Jamais je n’avais fait une préparation aussi dure et finalement ça ruminait trop dans ma tête. Cette fois je vais à Budapest avec du recul. De plus du côté de la blessure, cela va beaucoup mieux, c’est du solide. J’ai seulement des douleurs quand je reviens par exemple sur des amortis.” Positionnée dans le deuxième chapeau, la sociétaire du KB devra impérativement remporter ses deux premiers matches avant de jouer sa qualif. “Je sais que ce sera dur car les filles qui sortiront de poules auront des repères. Le tirage au sort sera déterminant avec une formule à double tranchant. Tout le monde sait jouer, il faudra aussi de la réussite et un peu de chance.” Carole fera son entrée dans le tournoi le vendredi face à une deuxième de poule avant un deuxième match dans la foulée. “Je suis motivée. Je peux bien jouer ou l’inverse mais je ferai avec les moyens du moment. Après Budapest, ma vie sportive continuera. Et si cela ne passe pas pourquoi ne pas rêver aux J.O. de 2012 ?” Avec la qualification de Xian Yi Fang, le ping féminin sera présent aux J.O., huit ans après la participation d’Anne Boileau. De quoi enlever un gros poids à la coach des Bleues qui découvrira aussi le Tournoi olympique. “On a bien bossé ensemble, on a pansé les plaies physiques et morales avec une semaine OFF après Nantes. La préparation incluait Nantes et Budapest, le travail av été effectué et il n’y avait pas urgence à revenir à table. Il ne fallait pas prendre de risque et lui donner le temps de récupérer, explique Rozenn Jacquet-Yquel. “Carole a retrouvé l’envie et le plaisir d’aller au combat. Avant Nantes, elle s’était mise une ambition trop importante alors qu’elle était outsider. Il faut aller à Budapest avec l’envie de gagner et ne pas avoir peur de perdre, il faut dédramatiser.” D’autant qu’il ne faudra pas se poser de questions avec d’entrée des matches couperets. “Il n’y aura pas moyen de se rattraper mais Carole a l’expérience des grandes compétitions et de bien se comporter dans ces situations là.” Avant de voir Carole atteindre son rêve, Aurore Dessaint est en train de se construire une carrière sportive qui passera forcément par un rêve olympique. Après Nantes, la Picarde aura une nouvelle opportunité de se baigner dans ce grand rendez-vous avant d’y revenir dans quatre ans avec ambition. |
|
|
|
Le programme |
|
Filles : Carole Grundisch (US Kremlin Bicêtre, n°100 mondiale) : entrée en lice en phase 3, vendredi 9 mai Garçons : |
|
|
|
La sélection |
|
Garçons : Damien Eloi (SC Levallois, n°47 mondial) - sparring partner : Adrien Mattenet |
|
|
|
La formule sportive |
Le tournoi de qualification se décompose en 4 phases : places qualificatives pour les J.O. de Pékin (selon une évaluation à date, le tournoi ”devrait” qualifier 14 à 15 garçons et 12 à 14 les filles).
NB : Les huit têtes de série ne participent pas aux phases 1, 2 et 3. Les têtes de série de 9 à 16 entrent en lice en phase 3 : Damien Eloi est tête de série n°6 et Carole Grundisch, n°13.
PHASE 1 : entrée en lice d’Aurore Dessaint (n°47)
Jeudi 8 mai de 10h00 à 20h00
Qualifications : poules de 3 joueuses
Les premières et deuxièmes de poule sont directement qualifiées pour la phase 3
Les troisièmes sont éliminées du tournoi
PHASE 3 : participation d’Aurore Dessaint si qualifiée de la Phase 1. Entrée en lice de Carole Grundisch (tête de série de 9 à 16)
Vendredi 9 mai de 13h00 à 20h15
Met aux prises les vainqueurs de la phase 1, (16 joueuses) et de la phase 2 (8 joueuses) aux 8 têtes de série classées de 9 à 16 : 32 joueuses se disputent 8 places en KO. A noter que les têtes de série (jouent face leur premier match face à des deuxièmes de poule.
Les joueuses qui remportent leurs deux matches sont qualifiées pour la Phase 4. Les joueuses qui perdent un ou deux matches sont éliminées du tournoi ou disputent des matches de classement après la 17ème place.
PHASE 4 : participation d’Aurore Dessaint si qualifiée de la Phase 1, 2 et 3. Participation de Carole Grundisch si qualifiée de la Phase 3. Entrée en lice de Damien Eloi (tête de série de 1 à ![]()
Samedi 10 mai de 10h00 à 21h00 et Dimanche 11 mai de 01h00 à 18h30
Met aux prises les vainqueurs de la phase 3, (8 joueurs et 8 joueuses) et les 8 premières têtes de série, soit des huitièmes de finale
Les joueurs et les joueuses qui remportent leur huitièmes sont qualifiés pour les Jeux Olympiques.
Les huit autres disputent des matches de classement pour prendre les billets suivants : autour de 4 à 6 pour les filles (places 9 à 14), et de 6 à 7 (places 13 à 15) pour les garçons.
Les joueurs qualifiés pour les Jeux Olympiques poursuivent leur progression dans le tableau (quarts, demies, finale et places 3-4), pour fixer le classement qui sera décisif pour la qualification des équipes au tournoi olympique par lequel entre en jeu seulement les trois premiers qualifiés à Budapest.
Qualification par équipes : l’équipe de France masculine possède d’ores et déjà deux qualifiés (Chila et Legoût) mais la qualification d’un troisième joueur (Eloi) ne garantirait pas pour autant la participation au tournoi par équipes. L’ITTF a choisi un système de qualification des équipes extrêmement complexe et il serait aventureux de fixer les quotas. Afin d’assurer la qualification de l’équipe de France, une place parmi les trois premiers qualifiés à Budapest qualifierait à 100 % l’équipe de France. Au delà de cette troisième place, la qualification serait compromise. Il faudrait d’abord que le Taiwanais Chang Peng-lung ne figure pas dans les trois meilleurs et observer à la loupe les qualifiés des autres nations européennes. Côté féminin, la qualification de Carole Grundisch, même dans les trois premières, conjuguée à la qualification ou non d’Aurore Dessaint, ne serait pas forcément synonyme de qualification de l’équipe féminine.

