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Wang Hao a pris le meilleur départ dans cette finale 100% chinoise. Le Champion du monde 2009 remporte ainsi relativement facilement les deux premières manches. Zhang Jike semble alors assez apathique. Et Wang Hao paraît alors bien parti pour remettre les pendules à l’heure après sa défaite en finale aux Mondiaux de Rotterdam.
Mais, contre toute attente, le plus jeune des deux refait progressivement son retard puis domine ensuite nettement son prestigieux aîné : "Je suis certainement moins fort techniquement que Wang Hao mais pendant la rencontre, je suis certainement beaucoup moins stressé et inquiet que lui", décrypte le n°3 mondial. "J'ai réussi une épreuve ici à Paris. C'est très important pour moi de confirmer mon titre mondial."
Né en 1983, Wang Hao rate lui une belle occasion d'égaler le record de Ma Lin de quatre victoires en Coupe du monde. Il perd sa troisième finale sur six disputés en sept ans. A 23 ans, Zhang Jike réussit quant à lui un doublé Championnat du Monde-Coupe du Monde presqu'inédit. En effet, cela fait vingt ans qu'un pongiste n'avait pas réalisé cet enchaînement victorieux. En 1991, Jorgen Persson avait triomphé à Chiba et à Kuala Lumpur. Ce doublé est d'autant plus difficile à réaliser que les Mondiaux ont lieu tous les deux ans alors que l'épreuve qui s'achève aujourd'hui à Paris a un rythme annuel.
Après avoir déchiré son maillot dans l'aire de jeu pour célébrer son titre à Rotterdam, Zhang Jike s'est cette fois contenté de le retirer et de le jeter dans le public : "La jeune génération des joueurs chinois est différente de celle des anciens. Si on n'exagère pas, c'est acceptable." Le nouvel homme fort du tennis de table mondial est apparemment plutôt du genre expansif : "C'est naturel pour moi. C'est important de pouvoir exprimer sa joie."
Vainqueur de l'épreuve en 1994, Jean-Philippe Gatien a apprécié cette nouvelle prise de pouvoir. A 2-0, la rencontre a basculé de manière presque imperceptible. "Zhang a trouvé un axe de service différent que Wang Hao a remis beaucoup plus difficilement et les débats se sont équilibrés avant de basculer pour de bon, analyse Jean-Philippe Gatien en spectateur passionné. Zhang a pris l'habitude de commencer lentement mais dès qu'il est branché, ça va beaucoup mieux pour lui. Visiblement, personne ne lui a appris à faire des fautes."
Le Mousquetaire est tombé sous le charme de son lointain successeur au palmarès de la Coupe du monde : "Leur finale de Rotterdam était plus équilibrée et spectaculaire mais je suis très impressionné. C'était beau à voir. Zhang joue très fort des deux côtés, il est précis sur les placements. Il se dégage beaucoup de puissance de son corps. Et je lui trouve aussi les attitudes d'un très grand champion." Gatien préconise d'ailleurs des rencontres plus fréquentes entre les pongistes chinois et européens pour accélérer la progression de ces derniers. Il faudra au moins ça pour combler ce qui s'apparente toujours à un fossé.
Le tableau final
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