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Comment ne pas faire l'éloge de Tristan Flore premier junior à s'imposer depuis Jacques Secrétin en 1966 ? Champion d'Europe junior l'an passé à Kazan, vainqueur de l'Open de France junior à Metz mi-avril, champion de France junior à Agen il y a deux semaines, Tristan Flore a enchaîné ce soir avec le titre de champion de France senior.
Avec la manière Difficile de décrire le système de jeu du nouveau champion de France. Il sait tout faire et il le fait tellement bien qu'il a facilement dominé tous ses adversaires. Tous, sauf un. Au premier tour du tableau, il a dû s'employer 6 sets durant pour venir à bout de Benjamin Brossier, aussi un junior. Il menait 3 sets à 2 et sauva huit balles de 3-3. Mené 10-2, il conclura le match 13/11 pour rentrer en huitièmes de finale. C'est là que Tristan Flore haussa considérablement son niveau de jeu. Emmanuel Lebesson, encore sous le coup de la déception de manquer les Jeux Olympiques, encaissait un 4/0. Même touché au coude, le Levalloisien ne disposait pas des solutions pour enrayer la machine Flore. Au tour suivant, en quarts de finale, c'est à nouveau un 4/0 qui sanctionnera son match. Cette fois, c'est Quentin Robinot, champion d'Europe junior 2009, qui céda sous ses coups de raquette. Ce matin en demi-finales, Michel Martinez ne livrait pas une grande partie, gêné par un dos douloureux. N'empêche : le sociétaire la Vaillante Angers fut totalement dominé. Dans l'autre demi-finale, le bondissant Damien Eloi signait aussi un 4/0 sur Simon Gauzy. Le Normand jouait bien et négociait mieux les fins de sets : Simon Gauzy n'offrait pas les mêmes garanties que la veille face à Adrien Mattenet. Ce serait donc une finale Eloi - Flore : un choc de génération, une opposition de style.
Forcément une première A bientôt 43 ans, Damien Eloi serait-il le premier vétéran à remporter le titre national ? Ou bien Tristan Flore, premier junior à s'imposer dès sa première tentative (en 1965 Secrétin avait échoué, à 16 ans, devant Vincent Purkart) ? Tristan Flore porta très haut les couleurs de son club, Pontoise-Cergy, et des époux Adam forcément émus de voir le jeunot lever les bras. Il s'empara du titre en cinq sets face à un excellent Damien Eloi. C'est peu de dire que le niveau de jeu de Tristan Flore fut exceptionnel. Impressionnant de justesse et d'intelligence. Sa fluidité rappelle parfois le style de Jorgen Persson. Souhaitons lui le même destin que le grand suédois sacré champion du monde. Car s'il faut raison gardée, Tristan Flore, formé à Montélimar, dispose des atouts pour grimper très vite dans la hiérarchie mondiale, rejoindre d'abord Quentin Robinot, aux portes du Top 100, puis Simon Gauzy dans le Top 60 mondial. De plus, la sérénité dégagée par ce jeune champion est presque troublante pour un joueur qui a seulement été retenu à une seule reprise en équipe de France (au Mondial de Dortmund fin mars). Tristan Flore est rentré dans la cour des grands champions de France. On salive déjà à l'idée de le revoir aux CEJ en juillet prochain (en Autriche) puis au Mondiall junior en Chine (en décembre). Avant de basculer dans le grand bain de Bercy, en mai 2013, pour le championnat du monde individuel.
Tristan Flore : "Je suis super content, super ému, cela fait super plaisir. Mon objectif était plus d'atteindre le podium, pas forcément le titre. Honnêtement je ne fais pas trop attention à mon niveau de jeu mais de faire le mieux possible, à ce que je produis, à faire ce qui marche. La finale s'est jouée à la fin du 4e set où à 7-7 je fais les bons choix. Dès le début de match j'ai essayé d'être le plus agressif possible. Malgré le retard, je suis resté tranquille à discuter avec mes potes, je n'ai pas trop pensé au match pour ne pas ressentir de pression. C'est dur de le dire 10 minutes après le match mais c'est sûr que j'ai bien joué (rires). On est plusieurs de la même génération à bien jouer, je suis devant sur cette compétition mais ils vont me rattraper. Le fait d'avoir fait des compétitions seniors, cela montre les paliers à franchir. J'y travaille."
Damien Eloi : "Je suis déçu car je pense que c'était ma dernière chance de gagner un second titre. Il a été plus fort. Mais bon je suis tout de même content de mon parcours. On nous oppose souvent les anciens et les jeunes, je trouve cela dommage : on fait tous partie du groupe France. Je parle aussi au nom de Chris, on est très fiers d'eux, on s'entraîne avec eux et on leur fait partager notre expérience. Je ne pense pas me tromper en disant qu'ils ont un énorme respect pour nous. J'ai battu Simon Gauzy en demies, relativement facilement mais en finale c'est Tristan qui me facilement. Il mérite largement sa victoire. Je ne suis pas passé à côté de ma finale. Le meilleur a gagné."
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