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C’était samedi, l’audit, impitoyable... Car pour la première fois, maman est venu nous voir jouer à la salle de ping-pong. Un peu étourdie par l’odeur de chaussettes macérées, matinée de bière renversée. Mais passé la porte, elle a surtout été impressionnée par notre attitude comportementaliste. La salle de ping-pong, l’antichambre de l’hôpital psychiatrique. Les juges-arbitres, plutôt qu’un costume-cravate, devraient porter une blouse blanche. Et ce n’est pas une médaille mais une camisole qu’on devrait enfiler au vainqueur du tournoi… Bon, c’est maman, c’est un tantinet exagéré.
Tennis de table Amiens

Et toi quel type de pongiste es-tu ?

Pongiste n°1 : Le joueur qui murmurait à l’oreille de sa raquette

Tu as toujours l’impression qu’il joue en double. Même quand il évolue en simple. Sa vie intérieure et son univers intra-cérébral sont bien plus riches que les tiens. Il commente chacun de ses coups, surtout ratés. Il se parle constamment à lui-même, à moins que ce ne soit à son ami imaginaire. En s’encourageant et en s’auto-persuadant qu’il est sur la bonne voie, même quand il s’obstine à mettre la balle systématiquement dans le plein coup droit de l’adversaire. Il opine du chef quand ce qu’il vient de se dire lui paraît pertinent. Le plus flippant c’est quand même lorsqu’il éclate de rire à la vanne qu’il vient de se faire.

Pongiste n°2 : Le maniaque

Son sac est rangé comme la ménagère de maman. Tout est plié, ordonné. A sa place. Il est tiré à quatre épingles. Les chaussettes, propres et d’une blancheur immaculée. Remontées au maximum. Aucune mèche rebelle. Il s’assied toujours au même endroit, sur la même chaise. Aligne devant lui sa serviette pliée en quatre, sa bouteille d’eau le bouchon dévissé au deux tiers, son Mars, et son sac de pâtes de fruit. Il entre toujours dans l’air de jeu en levant la jambe gauche. Avant de servir il s’essuie une fois l’avant bras droit derrière le filet ; trois fois la main gauche sur le fond de table ; et fait rebondir quatorze fois la balle sur le sol. Puis marque un temps d’arrêt de trois secondes. Avant de lancer la balle. Toi en face, tu t’es déjà endormi. Ou alors tu es parti te faire couler un café.

Pongiste n°3 : L’obsessionnel

Des lunettes sur le nez, et des pellicules sur les épaules. Il vient de valider son diplôme d’expert-comptable. Mais avant de quitter sa chambre il est obligé de recompter mentalement trois fois le nombre des tee-shirts, des shorts, et des chaussettes qu’il a glissés dans son sac. Parti depuis 10 minutes il te demande d’arrêter la voiture sur le bas-côté. En sueur et ultra-angoissé, pour vérifier pour la cinquième  fois, mais dans le sac au fin fond du coffre (forcément celui derrière tous les autres), qu’il a bien pris sa licence, ses baskets, et sa raquette. Sa névrose te tape sur le citron. Mais c’est bien le seul coéquipier sur lequel tu puisses vraiment compter. Toujours là une heure avant le départ. Et surtout deux heures avant le début du match à domicile. Ce qui fait qu’en général il se tape la salle à monter. Seul.

Pongiste n°4 : Le psychopathe

Quand il entre dans l’air de jeu, son regard s’illumine. Il roule des billes de dingue. Il navigue dans l’aire de jeu comme un pitbull. Il pousse des hurlements de bête sauvage à chaque point marqué. Mais à chaque balle ratée, il frappe la table, la paume ouverte. Comme sur son chien. Il a parfois un peu d’écume ou de bave séchée au coin des lèvres. Dans un grand jour il peut plier façon origami les séparations. A la fin du match, quand tu vas pour lui serrer la main (parce que tu es bien obligé), tu te demandes toujours s’il va te la couper, ou te la bouffer.  Il fait deux mètres de haut, un mètre de large et 120 Kilos. Avec toujours l'éternelle question : mais pourquoi ces gars choisissent ping-pong et pas MMA ?

Pongiste n°5 : Retard-man

Le type doué, avec une palette de coups incomparables. Mais son spécial : se pointer entre 30 minutes et une heure après l’heure de rendez-vous. Il se découvre toujours mille trucs à faire au moment du départ : tondre la pelouse, se lancer dans le remplissage de sa feuille d’impôt, ranger sa collection de timbres…Tu n’as pas mis le contact et quitté le parking qu’il t’a déjà fait perdre les trois quarts de ton influx nerveux. Pareil pour l’échauffement. Ou à la fin, à l’heure de quitter la salle. Il glande sur son portable, dans les vestiaires, ou dans les tribunes. Psychologiquement, il cherche probablement à susciter ton désir, ou fuit sa peur du vide. Ouais, peut-être. Mais il te fait surtout perdre cinq années de vie à chaque match. Tu l’étranglerais bien. Mais c’est toujours puni par la loi.

Pongiste n°6 : Le pervers

Déjà, il joue avec un picot long. Ou une anti-top. Ou plus généralement, les deux… Il entre dans l’air de jeu en ondulant. Comme un serpent. Il prend la balle, et sert dans le même temps. Le fait que tu sois prêt ou non est optionnel. Son spécial : le temps mort au premier set, à 1 point à 0. Un peu surpris, tu as à peine rejoint ton banc qu’il hurle « Fin de temps mort !!! ». Quand tu rates un service il te dit « Merci ». Son style fait qu’il gratte souvent comme un porc, avec des balles chattounées ponctuées de «Mais oui !!! ». Pas de nécessité de s’excuser : ça fait partie du jeu. Il déplace le combat technico-physique sur le terrain de la guerre psychologique. Et ça marche. Il te bouffe le cerveau. Car pendant que tu te demandes si tu vas faire le tour de la table pour l’écarteler, il enquille les points.

Pongiste n°7 : Le suicidaire

Chacun son truc. Certains escaladent des gratte-ciels à mains nus. Ou se jettent du haut de falaises habillés comme des chauves-souris, en mode Base-Jump. Lui, va juste tenter le service bombe infaisable en ligne à 10-10. Ou alors tout jouer systématiquement en contre-top frappé coup droit, et surtout revers. Il peut passer toute la rencontre  dans le plein coup droit de son adversaire. Car sa stratégie c’est de plier l’adversaire en le démoralisant sur son coup fort. Casser le moral, c’est effectivement sa spécialité. Mais malheureusement uniquement de ses coéquipiers. Sur le banc.

Pongiste n°8 : Le dépressif

Plus nihiliste que Nietzsche. Plus pessimiste qu’un supporter de François FILLON. De toute façon, depuis le début de l’aprèm il n’arrête pas de répéter qu’on va prendre une branlée. Qu’on joue contre des mutants. Qu’on n’arrivera jamais à l’heure. Qu’on va tomber en panne d’essence. Et que même si tout le monde gagne ses trois matchs, lui va tout perdre, ainsi que le double. Bon, c’est vrai, il n’a pas tort, un jour on va tous mourir aussi….Bref, au final on perd 10/4. Le moral à zéro. Pendant que Monsieur-déprime parade avec son 3 + double…

Pongiste 9 : Le masochiste

Quand il perd un point, le cerveau en ébullition, les neurones en fusion, il aime se faire mal. Il se met des gifles. Ou se frappe violemment la paume de la main sur le côté de la table. Voire se claque brutalement la raquette sur la cuisse. Le transfert de son enfer mental en violences physiques, tournées contre sa propre personne, l’apaise. C’est bien dommage, car de fait, il ne vient plus jamais aux soirées.

Pongiste n°10 : Le mélancolique

Tout était mieux avant : les sets de 21, les balles de 40, la colle, le celluloïd, les plaques Curl... Mais aussi Raymond COTY et le Front Populaire. Les jeunes étaient plus motivés, et plus fiables. Et ils se seraient fait couper un bras plutôt que de rater un match. De son temps, on regardait une fois par semaine Jean NOHAIN et ses 36 chandelles, et pas son smartphone en permanence. Oui, c’est un vieux con. Mais en attendant c’est lui qui range la salle, fait les sandwichs au bar, et emmène tous les jeunes cons en compétition. Dans sa vieille Lada.

Pongiste n°11: Le chialeur

Il a cette voix nasillarde, gorge bloquée, +20 décibels au dessus du seuil normal. Tant qu’il est devant au score tu ne l’entends pas. Mais dès que tu passes devant, il te vrille les tympans. C’est la faute, au choix :

a) de la balle plastique pas ronde,

b) de ses plaques qui n’accrochent plus,

c) du sol glissant sur lequel il perd ses appuis,

d) de l’humidité ambiante,

e) des tables de cuisine sur lesquelles il joue,

f) des gamins qui braillent dans les tribunes,

g) des frites trop lourdes au Flunch ce midi…

Le talent de son adversaire n’entre pas en ligne de compte. La possibilité qu’en fait, il puisse être nul, ne l’a jamais effleuré.

Pongiste n°12: Le Patrick MONTEL

Il a raté sa vocation. Il aurait dû bosser dans une centrale d’appel téléphonique. Devenir camelot sur un marché. Ou alors faire journaliste sportif. Il est usant… Il a tout vu, tout fait. Il commente chacun de ses coups. Et même parfois les tiens. Et quand, excédé, tu lui demandes de bien vouloir fermer son moulin à paroles, tu as déjà les tympans en feu et les nerfs à vif. Mais surtout tu es mené deux sets à zéro, et 10-5.

Pongiste n°13 : L’emmerdeur

A peine arrivé, il commence par s’enduire les cuisses de baume du tigre rouge pour se chauffer les muscles. Ça a surtout pour effet d’empester le camphre dans tout le vestiaire. De te niquer les yeux, et de te mettre la muqueuse nasale à vif. Ensuite il explique qu’il ne veut ni débuter la rencontre, car pas encore rentré à 100% dans la compét ; ni jouer juste après les doubles, car il a besoin de souffler ; mais qu’il ne peut pas non plus terminer, car il a un repas de famille juste après. Parfois tu as envie de tailler la feuille de match en pointe, puis de la lui foutre…Mais non, là également la morale et la loi ne tolèrent pas ces pratiques.

Pongiste n°14 : L’envoyeur de vents sur les temps morts

Il mène 9/5 à la belle. Se fait remonter point par point, en faisant plus ou moins (mais plutôt plus que moins), n’importe quoi. Il est aussi lucide que les gars qui partent faire des selfies sur la plage lors d’un tsunami. En panique, ses globes oculaires ont la taille des balles 40+. La sueur froide lui coule sur le front, et dans le bas du dos. A 9/8 tu te lèves pour demander temps mort. Et là, tu prends un gros vent. Voire même un bras d’honneur, s’il n’avait dû tenir sa raquette dans l’autre main. Il gueule qu’il fait ce qu’il veut, que tu n’y connais rien. Classique, il paume donc 11/9… Et reviens furax sur le banc, en te soufflant dans les bronches. Car s’il a perdu, c’est uniquement parce que tu l’as énervé et déstabilisé. Avec ton temps mort à la con, il avait le match en main. Alors que là, finalement, à l’instant présent, il l’a plutôt dans le rectum.

Pongiste n°15 : Le joueur over-sûr de lui

Rasé de près, les cheveux blonds, plaqués et gominés, le menton haut, les paupières plissées. Il toise avec dédain de son regard bleu-acier la salle pourrie dans laquelle il vient de mettre les pieds. Dans une autre vie il aurait pu être colonel dans l’armée nazie.  Il ne salue pas ses adversaires. Sauf s’ils sont numérotés. Enfin, seulement au dessous de la 200ème place. Il leur claque la bise. Commentant avec eux la division pro et le dernier open. Auxquels il a participé. Mais derrière son ordi, sur Dailymotion. Sur le premier coup droit il grimace toujours. Le réveil d’une vieille blessure contractée lors des championnats de France. Mais benjamins. Avant son élimination en poule. Il ne gagne pas, il humilie. Il ne perd pas,  il a juste des absences. Et d’ailleurs en général il-ne-comprend-pas-pourquoi-il-perd-alors-qu’il-est-10-fois-plus-fort-que-l’autre. Il brasse la thune comme toi la bière. Il roule en Opel Vectra, checke les videurs de toutes les boîtes de la région dans un rayon de 50 km.  

Mais il n’a jamais su rentrer un zit.  Tout s’achète. Sauf le talent.

Pongiste n°16 : The Dude

Il joue en godasses de ville. En sandales. Ou pieds nus. Car il a oublié ses baskets. Il porte habituellement un caleçon car son short est resté à la maison. Quand vient l’hiver, il porte un bonnet péruvien. Qu’il garde parfois sur la tête durant le match. L’œil est ébouriffé, le cheveu hagard. Ou parfois l’inverse. Car à la maison il vit autant avec Marie que Juana.  La gestuelle n’est pas académique. Mais il sent autant la balle que le patchoulis. Et en général tu prends le petit tarif mains dans le dos, et trois sifflantes par match. Son matériel ? Habituellement la raquette du partenaire. La sienne étant restée rangée à côté de son short ou de ses baskets. Gagner, perdre, de toute façon il s’en fout.  Le match pour lui c’est un voyage.  L’important n’est pas la destination. Mais seulement celui avec qui il chemine.

Pongiste n°17 : John RAMBO

Il a des bras comme tes cuisses. Le bandana rouge et blanc est noué dans les cheveux. Le tee-shirt est déchiré aux épaules. Encore taché des éclaboussures du sang de son précédent adversaire. Le style de jeu : La tatane coup droit, et revers. La salle de ping c’est son Vietnam. Son parfum préféré : l’odeur du napalm au petit matin. Pendant le match, il te fait successivement l’amour, puis la guerre. Il écrit l’Histoire. Son adversaire la raconte.

Pongiste n°18 : Le geek

Il a l’intégrale des bouquins Wack-sport parus depuis 1984. Il connait l’épaisseur et la marque de la plaque avec laquelle Jean Philippe Gatien a gagné sa finale des championnats du monde 1993. Il a racheté sur ebay l’une des serviettes de JO Waldner. Encore imprégné de sa sueur et de son ADN. Une affaire... Il est le roi des réseaux sociaux, le prince des forums de tennis de table. Il teste et note tous les bois et revêtements dès leur sortie. Il te conseille sur le matos le plus adapté à ton style de jeu. Malheureusement, c’est dommage, il cherche encore pour le sien.

Pongiste n°19 : Le positiviste

Il ne prend que des races. Mais t’explique que ça ne s’est vraiment pas joué à grand-chose. Avec un peu plus de réussite…S’il avait pu aligner trois filets, et deux coins de table, le set était pour lui. Il arrose tout le temps les bâches en coup droit, mais c’est juste un problème d’inclinaison de raquette, ou d’épaisseur de plaques. Il a pris 3Z mais a rentré un zit. Et ça, ça suffit à son bonheur. Un sourire radieux illumine son visage. Il est toujours heureux. Oui, quelque part tu l’envies quand même.

Pongiste n°20 : La victime du complot

Il ne joue que contre des cocus. Des chatteux de première. S’il paume c’est uniquement parce que l’autre a gratté comme un pourceau. Tout est contre lui. Les faux rebonds sur la table, le sol glissant (mais uniquement de son côté, et ça tourne avec lui au changement), les courants d’air quand l’autre con ouvre la porte de la salle, l’électricité statique, les ondes électro-magnétiques, le KGB, la CIA… En l’an zéro, c’est sûr, il aurait fini sur le mont Golgotha, cloué sur une croix. Pour racheter nos pêchés. Balancé par Judas. Et parce que vraiment sur ce coup là, une fois de plus, il n’aura vraiment pas eu de cul.

Pongiste 21 : Le péteur de câbles

En mode on/off. Et brutalement, sans que parfois tu l’aies vu venir, ça explose. Parce qu’il vient de rater son 3ème coup droit de suite ; parce que tu viens de faire un tout petit coin de table, parce que tu as un petit sourire narquois en coin… Les possibilités sont innombrables. Ainsi que les enchainements : shootage de sépa pied droit, pied gauche ou alterné ; chassé dans la table, pied droit, pied gauche, ou alterné ; écrasement de filet avec la raquette, la main, le pied ; smash de balles dans les tribunes ; claquage d’une ou de deux mains sur la table, sur le mur ou la porte des vestiaires ; jet de raquette à 5, 10 ou 15 mètres en fonction de l’état de forme….Avec évidemment les hurlements et le volume sonore adéquat. Et la colère, irrépressible, n’est même plus contrôlée par le paléocortex, la petite zone cérébrale héritée de l’homme de Néandertal. Heureusement, elle n’est tournée que vers les objets inanimés. Dont certains se demandent toujours s’ils ont une âme.

Pongiste 22 : Le shogun

Il est beau. Il n’est pas nécessairement blond. En tout cas il sent bon le sable chaud. Son style est racé, coulé. Son tee-shirt ne pendouille pas en dehors du short. Ses chaussettes ne tombent pas. Il est archi fair-play. A la différence de l’albatros de Baudelaire, ses ailes de géant ne l’empêchent pas de marcher : il plane sur le ping-pong tel l’aigle royal. Il gagne avec panache. Il perd avec dignité. Il est le joueur suprême. Il est élégance pongistique. Si tu te prénommes Jean-Kevin, Jean-Edern ou Bernard-Henry : dommage... Le prénom de l’élu, c’est toujours Timo.

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