Suite à la démission de Pascal Berrest (DTN), c'est Bernard Bousigue qui va le remplacer dans ses fonctions. 

Voir l'interview réalisée par strateping.com :

Interview de la FFTT : 

Nommé nouveau Directeur Technique National de la Fédération Française de Tennis de Table, Bernard Bousigue, 59 ans, revient sur son long parcours professionnel et évoque ses missions à court et long termes.

Comment avez-vous découvert le tennis de table ?

J’ai commencé le tennis de table à l’âge de neuf ans dans un club de la Haute-Ariège, à Ax-les-Thermes, je faisais en parallèle de la compétition de ski depuis l’âge de six ans. D’année en année, nous sommes parvenus à faire monter le club jusqu’à la Nationale, au tout début des années 80. A la même période, après avoir passé un Bac C, j’ai fini mes études de STAPS à l’UEREPS de Toulouse, en option ski, étant à l’époque mieux classé en ski qu’en tennis de table (20). J’ai alors fait la rencontre de Gérard Leroy, entraîneur national qui s’occupait des formations à la Fédération Française de Tennis de Table, qui m’a fait basculer sur le plan pédagogique vers le tennis de table. 

Comment en avez-vous fait votre métier ?

Joël Canor, qui était à l’époque en charge des cadets à la FFTT, avait monté une opération fédérale qui s’appelait « 15 à 15 ans » dont le but était de former des jeunes pour qu’ils atteignent ce classement à 15 ans. Il m’a proposé un poste d’éducateur dans le Nord-Isère, au sein du club de l’Entente Saint-Jean/Meyrieu. Je suis parti dans ce club où je me suis occupé du club « 15 à 15 ans » et des animations dans les écoles, je faisais office, dans le même temps, de conseiller technique départemental de l’Isère. J’ai ainsi été éducateur territorial pendant six ans, j’ai ensuite passé le professorat de sport, j’ai été nommé CTR en Franche-Comté pour mon stage pédagogique, puis je suis revenu CTR dans les Alpes-Dauphiné de 1988 à 1995. En parallèle, Pierre Albertini, DTN, m’avait nommé en 1991 directeur sportif de la zone Sud-Est, et le 1er janvier 1993, j’avais aussi été nommé entraîneur national en charge des formations des cadres techniques. J’ai cumulé ces trois métiers jusqu’au 1er avril 1995, date à laquelle j’ai été nommé entraîneur national à la Délégation régionale jeunesse et sports de Grenoble, si bien que je n’ai gardé que les deux dernières missions, j’ai arrêté celle de CTR.

Vous avez ensuite fait le choix de quitter la FFTT, pourquoi ?

Après Atlanta, j’ai fait le constat que j’avais en effet beaucoup travaillé dans le tennis de table, j’ai senti que j’avais du mal à me renouveler et je me suis dit que c’était le moment d’aller voir ailleurs. J’ai alors suivi une formation en DESS à Jussieu « Ingénierie de formation : chef de projet multimédia » et je suis parti huit ans au CREPS Rhône-Alpes de Voiron en qualité de chef de département haut niveau, avec, en plus de la coordination des pôles, un projet très particulier qui consistait à lancer les premières formations ouvertes et à distance pour les sportifs de haut niveau rhônalpins (toutes disciplines confondues). J’ai été pionnier en France sur le sujet, nous avons formé en huit ans 500 sportifs de haut niveau de la Région Rhône-Alpes, dont certains champions olympiques. Au bout de huit ans, en 2005, j’ai été nommé directeur adjoint de l’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques de Quiberon, en charge du haut niveau et de l’accueil. 

Et vous êtes finalement revenu à la FFTT…

Oui, je suis resté pendant quatre ans à Quiberon, jusqu’à ce que Michel Gadal me propose le poste de DTN adjoint. Il connaissait mes compétences sur l’usage des nouvelles technologies pour l’optimisation des projets d’entraînement et de formation, ça l’intéressait que je puisse développer la communication au sein du collectif des cadres techniques. Il m’a délégué la coordination des cadres techniques et j’avais aussi en charge tout ce qui concernait les dossiers transversaux du Ministère. Après le départ de Michel, j’ai fait le choix de rester adjoint du DTN, j’ai ensuite candidaté pour le poste.

Cette nomination est finalement l’aboutissement presque logique de ce long parcours…

Je pense que je suis un des rares en France à avoir exercé tous les métiers possibles au sein de notre Fédération ! J’ai fait tous les échelons, c’est effectivement un peu l’aboutissement de ce chemin qui s’est enrichi d’expériences que je suis allé chercher à l’extérieur de la Fédération dans les établissements du Ministère des Sports. Je suis très heureux d’avoir été désigné DTN parce que je connais un peu la maison et que les Jeux de Tokyo vont arriver très vite. Cela va permettre de continuer sur la route qui a été tracée.

Parlons maintenant de votre mission : quels sont les axes de votre travail ?

Classiquement, la DTN couvre trois grands domaines d’action : l’accession au haut niveau et le haut niveau, dont l’objectif est de former des équipes pour qu’elles représentent au mieux la France, le développement des pratiques, particulièrement depuis l’arrivée à la présidence de Christian Palierne dont le diagnostic était de dire qu’on avait appuyé un peu trop sur le haut niveau et pas assez sur le développement des pratiques ; et enfin le domaine transversal de la formation des cadres, un outil qui doit, non seulement, former de bons entraîneurs, mais également des animateurs capables de développer une pratique qui peut se décliner à tous les âges.

Commençons par le haut niveau : quel est aujourd’hui l’état des lieux et quels sont vos objectifs ?

Il y a eu une grosse réorganisation il y a quatre ans, avec entre autre la venue d’un expert chinois, Hua Han, qui est vraiment un expert de la discipline. L’objectif de cette réorganisation était de faire revenir l’équipe de France sur les podiums européens. Aujourd’hui, c’est chose faite en par équipes masculin, avec une médaille d’argent à Bakou (Jeux Européens en 2015), une médaille de bronze à Ekaterinbourg et au Luxembourg (Championnats d’Europe 2015 et 2017), sans oublier le quart de finale aux Championnats du monde de Kuala Lumpur en 2016 et une place de 6e au ranking ITTF pour les Jeux de Rio. Ces résultats nous permettent aujourd’hui d’occuper la quatrième place mondiale en par équipes, ce qui fait que nous avons présenté un projet de performance fédéral (PPF), avec pour objectif essentiel une médaille dès les Jeux de Tokyo, ce qui n’était pas forcément prévu au départ. Aujourd’hui, on se rend compte que pour monter sur le podium olympique, il faut dans les deux ans précédents les JO être dans les 4 meilleures équipes mondiales. Chez les garçons, malgré la nouvelle opération de Tristan Flore, la densité de bons joueurs derrière Simon Gauzy et notre champion d’Europe « Manu » Lebesson :, devrait nous permettre de se situer dans les quatre meilleures nations mondiales avant Tokyo. Et derrière, il y a les Jeux de Paris avec des garçons déjà identifiés. Nous n’avons jamais eu une telle densité de haut niveau, même du temps des Mousquetaires. Là, sur ce début d’olympiade, nous avons eu le doublé européen historique (Emmanuel Lebesson en or, Simon Gauzy en argent, en 2016), mais derrière, il y a un Alexandre Cassin double champion d’Europe juniors, Quentin Robinot qui a su se transcender au Luxembourg, Alexandre Robinot, Stéphane Ouaiche, Adrien Mattenet qui revient, Joé Seyfried et Can Akkuzu (excellente progression ces derniers temsp), Antoine Hachard pas loin, des anciens champions d’Europe juniors comme Enzo Angles. Nous pouvons donc nous permettre d’avoir de l’ambition.

Et du côté des féminines ?

Nous avons eu un bel aboutissement avec le 8e de finale de Li Xue aux Jeux Olympiques de Rio, mais à côté de ça, le départ de nos trois meilleures joueuses (Li Xue, Xian Yi Fang et Carole Grundisch), donc la nécessité de restructurer l’équipe féminine. Dans notre PPF, nous mettons donc l’accent sur la reconstruction d’une équipe, avec un rajeunissement des féminines et la recherche, dans un premier temps, de positionnement européen. La base actuelle de l’équipe de France repose sur des joueuses qui se sont révélées, nous avons trois-quatre filles proches des 100 meilleures mondiales, comme Stéphanie Loeuillette, qui n’était pas dans les meilleures il y a quelques années mais a fait preuve d’une détermination hors norme pour mener son projet sportif, et Laura Gasnier qui revient bien. L’idée serait de revenir parmi les huit meilleures nations européennes si on peut d’ici la fin de l’olympiade et de faire monter nos jeunes issues de l’équipe de France juniors 2014, avec Marie Migot, Audrey Zarif et Pauline Chasselin. Avec en plus Océane Guisnel, la jeune génération très intéressante des Prithika Pavade et Camille Lutz qui arrivent, on voit que nous avons déjà un groupe. Maintenant, il faut remettre à plat le dispositif féminin pour arriver à créer une dynamique autour de ce groupe. L’objectif, à plus long terme, est bien sûr de présenter une équipe compétitive pour les Jeux Olympiques de 2024 à Paris.

Evoquons désormais le développement, avec l’objectif d’ouvrir le tennis de table à de nouvelles pratiques, donc de nouveaux licenciés…

En termes de développement, il faut se recentrer sur l’essentiel : la structuration de nos clubs. Ça passe en premier lieu par la formation de transmetteurs en capacité d’accueillir, d’animer, de former nos différents publics avec une attention particulière sur les scolaires et le sport santé. Avant de faire évoluer ces clubs vers un nouveau modèle en se servant de la dynamique de Paris 2024. Ce sera un club non seulement en capacité d’accueillir tous niveaux tous publics mais aussi un club tourné vers l’extérieur de ses murs, intégré à la vie de la cité, capable d’animer de nouveaux publics (les pratiquants non référencés : pratique familiale, quartiers, milieu rural) en utilisant toutes les formes de pratiques classiques mais également « fun » ou « complémentaires » (hardbat, ultimate). 

Que ce soit pour le haut niveau ou le développement, ces objectifs passent par la nécessité d’avoir une formation solide, quels sont vos objectifs en la matière ?

Oui, la formation est l’outil transversal. Pour le moment, nous sommes très bien structurés à la FFTT pour nos formations tournées vers l’entraînement, moins en revanche pour celles davantage tournées vers l’animation. Là, il y a un gros travail à mener et je tiens d’ailleurs à souligner le travail remarquable accompli en peu de temps par Christian Gaubert, avec un CQP renouvelé qui a désormais une nouvelle appellation moniteur tennis de table, axé sur l’animation et avec une obligation de formation, un BEJEPS de spécialité (niveau 4) qui n’existait pas et a été monté avec là encore une connotation plus tous niveaux tous publics. Tout ça à côté d’un DE qui reste orienté perfectionnement sportif et un DES pour aller vers le haut niveau.

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